L’impression 3D transforme le domaine de la santé

Depuis quelques années, le secteur de la santé est marqué par des avancées considérables et l’impression 3D n’y est pas pour rien. En effet, l’utilité de cette technologie dans ce domaine n’est plus à prouver. Par exemple, la fabrication de prothèses et d’implants via impression 3D est aujourd’hui maîtrisée et permet de créer des modèles sur mesure et adaptés aux patients. Mais ce n’est pas la seule utilité donnée à cette technologie dans ce secteur. Etats des lieux des cas d’applications existants les plus parlants.

Les prothèses

Les prothèses sont généralement produites en série. De ce fait, elles peuvent parfois ne pas être adaptées à la morphologie du patient, et être particulièrement inconfortables. L’impression 3D de prothèses permet de créer des aménagements sur mesure pour chaque patient, ce qui marque une avancée considérable dans le secteur. Open Bionics, start-up anglaise, peut par exemple réaliser et imprimer des prothèses de mains robotisées personnalisées en seulement deux jours et pour un prix inférieur à celui à de prothèses traditionnelles.

Dans la même logique, à l’hôpital Morriston au Pays de Galle, sont testées des attelles imprimées en 3D avec pour objectif de remplacer les attelles velcro. Le membre du patient est scanné de manière à réaliser un moulage qui sera imprimé en 3D dans des matériaux plastiques. L’attelle est alors adaptée à la physionomie du patient, plus pratique à enlever et à mettre que les dispositifs disponibles aujourd’hui. L’utilisation du plâtre comme matière d’impression est en cours de test : l’objectif est de créer un plâtre personnalisé, plus léger, qui permettrait d’éviter l’absorbation d’eau, ou de transpiration, et de laisser respirer la peau pour éviter les infections cutanées.

Les os

Certaines fractures osseuses ne permettent pas d’interventions chirurgicales. Pour faire face aux fractures les plus importantes, un groupe de chercheurs de l’université de Northwestern à Chicago s’est penché sur l’intérêt de l’impression 3D pour la reconstruction osseuse. C’est ainsi qu’est né un os synthétique, imprimé en 3D, capable d’aider à la régénération osseuse en remplaçant le morceau d’os manquant, le temps que celui-ci se reconstruise.
Cette technologie a d’ores et déjà été testée sur des animaux et les résultats sont prometteurs : le crâne d’un singe a pu être réparé en quatre jours. Les premiers essais cliniques débuteront courant 2021.
Par ailleurs, cette première réalisation ouvre de nouvelles opportunités dans les domaines dentaire, orthopédique et de la chirurgie plastique.

La podologie

La podologie est sans doute l’une des branches médicales où l’utilisation de la 3D est la plus avancée. En effet, à l’heure actuelle, la plupart des podologues, et cela inclut les plus petites structures, sont équipés de scanners 3D qui permettent de prendre l’empreinte du pied. Le fichier d’une semelle totalement adaptée au patient est ensuite créé, cette semelle sera ensuite fabriquée grâce à une imprimante 3D. Cela est d’autant plus important pour les patients diabétiques : une minuscule plaie peut entraîner, dans les pires scénarios, une amputation. Il leur est donc fortement recommandé de bien protéger leurs chaussures grâce à une semelle intérieure épaisse et adaptée à la morphologie de leurs pieds.

L’avenir : la bio-impression

A l’heure actuelle les avancées dans le domaine médical associées à l’impression 3D, sont tous les jours plus importantes. Mais à quoi peut- on s’attendre pour l’avenir ? L’un des problèmes auquel doit faire face la médecine est la pénurie de donneurs d’organe. L’impression 3D est déjà utilisée comme assistance aux opérations délicates : par exemple, la technologie a été utilisée pour reproduire des modèles d’organes afin de préparer chaque étape d’une transplantation d’un rein particulièrement délicate.

A terme, l’objectif est donc de pouvoir recréer des organes via impression 3D. Dans ce domaine pointu, les avancées se font pas à pas. Par exemple, à Harvard, des chercheurs ont réussi à imprimer en 3D du tissu cardiaque sur une puce. Le laboratoire américain Organovo effectue actuellement des tests pour greffer des tissus bio-imprimés sur un foie endommagé, ce qui permettrait de prolonger le fonctionnement de l’organe du patient, et laisserait plus de temps pour trouver une greffe compatible.

Le domaine de la santé commence à s’ouvrir aux nouvelles technologies et aux opportunités qu’elles apportent. Il est clair que l’impression 3D n’en est qu’à ses balbutiements dans ce secteur, mais les évolutions qu’elle pourra permettre à plus ou moins long terme seront considérables et révolutionnaires.

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