L’impression 3D dans le monde : la France à la traine ?

Le marché de l’impression 3D se porte bien. Le secteur est en pleine croissance et le marché devrait croitre de 25% par an jusqu’en 2020(1) : un développement porté par la baisse des prix et l’amélioration des technologies. L’impression 3D est de plus en plus utilisée, en particulier dans le secteur industriel, mais cela concerne-t-il toutes les régions du monde ? Qu’en est-il de la France ?

    1. Source : Etude Xerfi « L’impression 3D en France et dans le monde – Applications, enjeux et perspectives du marché d’ici 2020, paysage concurrentiel et stratégie des acteurs ».

    L’état global du marché

    Selon l’AFPR et le rapport Wohlers datant de 2013, les États-Unis arrivent en tête en détenant plus de 40% des systèmes d’impression 3D à usage industriel vendus dans le monde, suivis de loin par le Japon (9,7%), l’Allemagne (9,4%), la Chine (8,7%). Viennent ensuite l’Italie et le Royaume Uni (4%), puis la France (3%).

    Le plus grand marché est donc représenté par les Etats-Unis, principalement car les leaders historiques du secteur des imprimantes 3D y sont implantés, à l’instar de 3D Systems, Stratasys… Le pays a surtout misé sur les équipements permettant de travailler les thermoplastiques, à l’inverse de l’Europe qui s’est plutôt axée sur l’impression 3D métal.

    En Europe, le pays venant en tête est l’Allemagne qui s’est donc positionnée sur les équipements destinés à la fabrication métallique grâce à la présence de cinq des plus gros fabricants d’imprimantes métal (EOS, SLM, Concept Laser, Realizer et Trumpf) dans le pays. L’Allemagne présente de fortes capacités à fabriquer des machines-outils de pointe pour l’impression 3D, à destination de secteurs importants comme l’automobile. Le pays n’a jamais caché ses ambitions de constructeur dans la fabrication additive et exporte déjà ses technologies à l’étranger.

    Le positionnement de la France

    La France semble être en retard dans le secteur de l’impression 3D, notamment car les investissements dans cette technologie sont moindres. Mais la manière de raisonner a été différente et s’est effectuée de façon horizontale : la tendance en France a été de développer des services bureaux (producteurs et détenteurs de machines), avec l’achat d’imprimantes 3D par des ateliers en complément de leurs machines de fabrication traditionnelle, et non des usines entières dédiées à l’impression 3D comme aux États-Unis ou à Singapour.

    La France n’a pas à rougir de sa situation avec la présence d’acteurs forts comme Prodways mais aussi des fabricants spécialisés dans le métal comme BeAM ou la céramique comme 3D Ceram. Même constat concernant les filières de matériaux, où grâce à une filière chimique développée, on s’intéresse au développement des matériaux pour la fabrication additive.
    De plus, il faut garder à l’esprit qu’il ne s’agit là que d’une partie du secteur de l’impression 3D, à savoir la construction de machines et la production des consommables. En ce qui concerne l’utilisation même de la technologie, la France est représentative de ce qui se passe dans le monde. En effet, il y a des régions qui, en fonction de leur activité industrielle, ont des parcs installés plus importants que d’autres, comme les Etats-Unis, mais les technologies 3D utilisées sont les mêmes partout (stéréolithographie, frittage laser de poudre…). L’impression 3D se développe aussi en accord avec les besoins des industries présentes dans chaque pays c’est le cas par exemple pour la Turquie qui a une industrie très développée dans la bijouterie et qui a intégré la technologie pour travailler la cire.

    « Le développement de l’impression 3D dans un pays n’est pas tant lié à sa taille, ni au nombre de machines qu’il est possible de trouver, mais plutôt aux industries présentes dans le pays en question. Les pays qui utilisent le plus l’impression 3D restent ceux qui ont une forte culture industrielle et qui trouvent dans la fabrication additive un nouveau moyen de production plus rapide et à des coûts moins élevés » explique Quentin Kiener, Président-Fondateur de 3D PROD.

    Partagez-sur :