L’impression 3D sous les feux de la rampe

impression 3D divertissements
Cela fait déjà un certain temps que nous entendons parler de l’usage de l’impression 3D dans des secteurs comme la bijouterie, l’automobile, la musique, la santé ou l’aéronautique, aujourd’hui le monde du spectacle et de l’art commence lui aussi à tirer bénéfice de cette technologie. En août, avec les vacances, nous avons plus de temps pour les divertissements et les activités culturelles, alors où est- on susceptible de voir, souvent sans le savoir, des applications d’impression 3D ?

 

Au cirque

 

L’entreprise canadienne Le Cirque du Soleil est connue pour ses spectacles magiques, avec des acrobaties à couper le souffle et ses costumes originaux. Cela fait déjà quelques années que le Cirque du Soleil utilisait l’impression 3D pour des besoins très ponctuels, mais l’entreprise vient de décider d’aller plus loin. En effet, depuis quelques mois, elle utilise l’impression 3D pour ses costumes dans le spectacle Kooza. Les artistes ont même une imprimante 3D qui les suit dans leur tournée. Cela permet à la troupe de créer ou de réparer des accessoires, habituellement travaillés à la main, bien plus rapidement et efficacement : le temps de travail peut être divisé par quatre et les matériaux utilisés permettent à l’accessoire d’être plus résistant et de casser moins facilement. L’exemple mis en avant par le Cirque du Soleil : la couronne du roi dans ce spectacle nécessitait 60 heures de travail à la main, aujourd’hui avec l’imprimante 3D 16 heures suffisent à la réaliser. De plus l’accessoire est plus solide car construit avec un matériau flexible et il est recyclable. Une petite révolution dans le monde du spectacle !

 

Au cinéma

 

Le premier court-métrage d’animation entièrement réalisé en impression 3D a vu le jour grâce à Gilles-Alexandre Deschaud. « Chase me » a nécessité plus de 2500 pièces, des personnages aux décors, réalisées via cette technologie. Le film a été récompensé par le milieu, notamment au Paris Short Film Festival. Mais ce n’était pas la première fois que l’impression 3D était utilisée pour un film. En effet, Gilles-Alexandre s’était lui-même inspiré de Henry Selick qui avait utilisé la technique d’impression 3D pour les visages des personnages de son film d’animation « Coraline ».

Vous seriez d’ailleurs surpris de voir le nombre d’objets et accessoires réalisés par impression 3D dans vos films préférés : le costume d’Iron Man parfaitement adapté à la morphologie de l’acteur, le marteau de Thor, la tête des vélociraptors dans Jurrassic World, … Et tellement d’autres encore !

 

A la télévision

 

Comme chaque été, l’émission Fort Boyard est de retour sur le petit écran. Cette année, de nouveaux éléments de jeu ont fait leur apparition au Conseil dans le duel du Morpion : des figurines Maître du temps et serpent remplacent les traditionnels croix et ronds du jeu classique. On retrouve ces mêmes modèles pour les 2 statuettes de serpent qui gardent la porte de la Salle du jugement. 240 heures ont été nécessaires à l’impression des 12 figurines hautes d’environ 20 centimètres. L’émission a fait appel à l’impression 3D afin d’imprimer ces pièces de formes complexes en peu d’exemplaires et en un temps record.
fort_boyard_impression_3d

 

Sur scène

 

New Movement Collective, une compagnie de danse britannique, a utilisé la technique de « Slow Life Scanning » pour saisir les mouvements des danseurs en les scannant. Ces derniers devaient effectuer leurs mouvements doucement devant un laser. Grâce à l’impression 3D, ces chorégraphies ont pu être reproduites en sculpture. Ce résultat final, d’abord réalisé dans l’objectif de créer une expérience visuelle, a permis aussi d’améliorer la précision artistique et scénique des danseurs.

 

Au musée

 

De mars à juin 2017, le Centre Pompidou a mis à l’honneur l’impression 3D à travers son exposition « Imprimer le monde » qui se focalisait sur cette technologie et l’influence qu’elle exerce dans différents domaines à travers des œuvres d’une trentaine d’artistes. Pour cela, elle s’est penchée sur 3 domaines en particulier : la musique, l’architecture et le design. La sélection d’œuvres incluait des objets design, des prototypes architecturaux, des projets innovants de laboratoire, avec pour point commun d’avoir utilisé la technologie comme outil critique d’expérimentation. Quelques exemples : Mathias Bengtsson a réalisé une table en fabrication additive de titane dont les formes complexes s’inspirent de la nature, Raphaël Thibault et Hyun-Hwa Cho ont conçu une installation immersive, sous la forme d’une double projection vidéo avec des sculptures réalisées en impression 3D…
Outre les créations pures, l’impression 3D est aussi utilisé dans l’art pour :
* la réalisation de reproductions. L’exemple le plus parlant est celui du programme Venus Art qui reproduit les toiles des plus grands peintres grâce à la combinaison d’une numérisation 3D et impression en relief.
* la préservation du patrimoine, comme Morehshin Allahyari qui, pour préserver le patrimoine culturel détruit par l’Etat Islamique, a entrepris d’imprimer des statuettes millénaires en réalisant les fichiers 3D à partir de photographies.
* la transformation de la 2D à la 3D avec l’exemple du collectif Render3Art qui a modélisé du street-art pour en faire des sculptures.